De Place des revues.
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Le Café est un espace de discussion et de débat sur la vie des revues.
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[modifier] Les revues ont-elles encore une place en librairie ?
JM Henny : Nombreux sont les rédacteurs et amateurs de revues à déplorer l'absence de leurs publications préférées sur les tables ou dans les rayonnages des libraires. Il semble que depuis une dizaine d'années ce phénomène ce soit accentué.
En qualité de responsable de la diffusion de plusieurs revues universitaires et savantes, je souhaite apporter ici quelques éléments de réflexions et de discussion.
Une première observation : les revues souffrent en général du mal de toute publication un tant soit peu spécialisée et ne sont pas à même de s'imposer au sein de la surproduction éditoriale des vingt dernières années...
- Alexandre D. : Je vous confirme la chose : je travaille depuis vingt ans en librairie et j'ai vu durant cette période la production plus que tripler. Nous sommes passés de 20 000 nouveautés annuelles à plus de 60 000 ! Mais un autre élément me semble avoir constitué un frein à la circulation des revues en librairie : l'absence d'ISBN, clef essentielle des réseaux de commande électroniques (de type Dilicom, par ex.)
JM Henny : En effet, je me souviens que longtemps, l'AFNIL (Agence française de l'ISBN) n'acceptait d'attribuer des ISBN qu'aux numéros thématiques, encourageant en cela la création de revues à "dossiers" et une assimilation de leur forme aux ouvrages collectifs. Mais j'ai l'impression que cette bataille pour la conquête de la librairie et de la vente au numéro est un peu illusoire. Une revue ne doit-elle pas se vendre en priorité par abonnement ?
- André Chabin : pour avoir été libraire moi-même il y a bien longtemps, je sais la difficulté dans la commercialisation des revues : pourquoi assurer une place - et d'ailleurs quel est l'équipement idéal pour présenter les revues?- à des objets à rotation lente quand bien des productions ne demandent pas mieux que d'occuper cet endroit de manière plus rentable? N'empêche : pour un libraire proposer une sélection significative de revues contemporaines, c'est s'assurer une image de marque et de même coup s'assurer peut-être la fidélité des clients les plus curieux ou les plus exigeants…Est-ce qu'un libraire digne de ce nom peut dire à son client : "ah,non, je n'ai pas Vacarme, Multitudes ou Cassandre?" Certes, on ne fera pas le grief à notre libraire de ne pas offrir la totalité des revues existantes, mais en proposer une sélection - celles qu'on aime, celles qui ne ressemblent pas à la production formatée, celles qui paraissent innover par leur forme, leur contenu, n'est-ce pas ce qui fait le signe distinctif d'un libraire de haut niveau, celui qu'on fréquentera parce que précisément on saura y trouver ce qui n'est pas ailleurs…
[modifier] Les contrats d'auteur en usage dans les revues
Grégoire J. : La belle époque des "gentlemen agreements" est révolue et, en ce monde toujours plus gestionnaire et juridique, il est important pour nos revues de disposer de contrats simples mais solides, notamment pour faciliter leur passage sur les nouveaux supports électroniques.
- JM Henny : Pour discuter plus concrètement de votre sujet, je vous propose dans une page à part le texte type du contrat que nous utilisons actuellement pour la plupart de nos revues.
[modifier] Pourquoi ne pas ouvrir le dialogue avec les revues de sciences dites "dures" ?
Valérie Chansigaud : Ce site présente les revues savantes et culturelles, mais le champ se limite aux sciences humaines. Ne serait-ce pas envisageable (et intéressant) d'établir aussi un dialogue avec d'autres revues notamment scientifiques ? Toutes ne sont pas éditées par les mastodontes comme Springer ou autre, elles souvent issues de petites structures et rencontrent des problèmes fort proches des revues de sciences humaines...
- JM Henny: Votre question appelle une réflexion plus approfondie sur notre politique... Le rapprochement entre sciences dites "dures" et "molles" est aujourd'hui dans l'air du temps. Pas forcément pour naturaliser les faits culturels mais aussi bien pour aborder les sciences de la nature dans une perspective historique, sociale et épistémologique. Sous cet angle, il me semble qu'un rappochement soit possible. Mais je laisse pour l'instant la discussion ouverte...