De Place des revues.
Écrire l’histoire, la raconter, la peindre, la filmer, la jouer, la chanter, ou encore la figurer, défigurer, configurer, reconfigurer – et ainsi toujours la penser, la repenser dans la manière dont elle s’écrit. S’écrivant, elle réengage à chaque fois la question de son sens, mais aussi de ses domaines. Soit ce qui est avéré, ce qui est « effectivement arrivé », comme disent avec Ranke les historiens positivistes, mais encore ce que les représentations du passé intègrent, reconnaissent comme des objets possibles, légitimes, découpant ainsi dans le champ infini de la réalité les frontières, à chaque moment réinterrogées, de ce qu’on nomme l’histoire.
La revue Écrire l’histoire entend être ainsi un espace de confluences des histoires de l’histoire, des historiographies, mais aussi de toutes les pratiques symboliques qui, se reconnaissant le droit de le faire, prennent l’histoire pour matériau. Elle a pour ambition de faire se rencontrer des manières de représenter l’histoire d’ici ou d’ailleurs, d’aujourd’hui ou d’autrefois ; des manières aussi de se servir de l’histoire, des fonctions et des usages, à un moment où, plus que jamais peut-être, dans la société obsédée de patrimoine et de mémoire qui est la nôtre, ces fonctions et ces usages demandent à être réfléchis. Et puis aussi, elle veut être le lieu de rencontre, et d’interrogations réciproques, de ces autres domaines que sont les disciplines – Histoire, Littérature, Esthétique – trop souvent encore enfermées en elles-mêmes, et sachant peu travailler ensemble. Bref, un espace de dialogues, de passages, et de traductions, pour se saisir de l’histoire dans son « incurable diversité » (K. Pomian), et dans son devenir.
La revue fera paraître deux numéros par an, au printemps et à l’automne, centrés sur un dossier principal commun. Ces deux numéros n’en formeront plus qu’un seul lors de leur diffusion sur internet, trois ans après leur publication aux éditions David Gaussen. Chaque numéro comportera, autour de ce dossier principal, un entretien, une traduction, des lectures, un dossier secondaire et, au printemps, une bibliographie de l’actualité historiographique.